retour accueil

Mont Ventoux

La magie du Mont Ventoux - La folie des grandeurs - article du cycles octobre 2004.

Peu de cols suscitent autant d'engougement que le Géant de Provence. Adulé, redouté ou détesté, il ne laisse jamais indifférent.
Et sur ses pentes, s'écrit chaque jour un nouveau pan de son histoire.....par F.Pondevie.

Que vous arriviez en voiture, en train ou même par les airs, le regard est irrésistiblement attiré par cette excroissance pierreuse qui domine toute la région. C'est d'abord en silence que l'on contemple le Géant de Provence, de loin persque intimidé. On ressent déjà la force de cette montagne, le poids de l'histoire qui rode autour de se mythe. Plus que n'importe autre sommet dans le monde, le Mont Ventoux sacralise les histoires les plus folles. Les passages du Tour de France, depuis 1951, a contribué à sa légende, avec de grandes victoire mais aussi des drames (décès de Tom Simpson, en 1967).

La fascination que génére cette montagne date du 14 siècle. Le vélo n'était pas encore d'actualité, ni les routes carrossables d'ailleurs. Mais Pétrarque, illustre poète italien, écrivit une de ses plus belles lettres, L'ascension du Mont Ventoux, en 1336, où il évoque " Les épreuves que tu as endurées tant de fois, aujourd'hui, dans l'ascension de cette montagne, sache bien que tu les rencontres aussi, toi-même comme tant d'autres, dans la recherche du bonheur....nombre d'escarpements coupent cette route et fait avancer de vertu en vertu, par des degrés éminents. Sur le sommet et le but suprême, le terme de la route vers lequel tend notre voyage." Peut-être est-ce inspiré par ces paroles remplies de sagesse que de nos jours, ils sont des milliers à défier chaque jour le Géant de Provence.

Un engouement permanent, qui se renforce à l'approche de l'été. J'habite à Bédoin, explique Jean-Pascal Roux, détenteur du record de montées en 24h, et un matin j'ai vu débarquer 4 car espagnols remplis de cyclistes et de vélos qui se préparaient à monter le col. A la belle saison, c'est un ballet incessant, une nuée multicolore qui serpente de l'aube au coucher. Conscient de leur folie, certains n'hésitent pas à afficher clairement la couleur. C'est le cas de la confrérie des cinglés du Ventoux, qui regroupe plus de 1000 cinglés ! Crée par Christian Pic, en 1988, cette association réunit tous ceux qui gravissent le Mt Ventoux trois fois dans la même journée par les trois côtés. En 1998, Christian Pic crée une nouvelle catégorie, les galériens. Pour en faire partie, il faut, en plus gravir le Mt Ventoux par la route forestière: la route des cèdres.

"L'engouement est de plus en plus fort chaque année" explique Christain Pic. "En 2003 et 2004, on arrive à 350 inscriptions, soit autant que les années où le Tour de France passe par le Ventoux." Il explique cette fascination par plusieurs facteurs, "le paysage extraordinaire, la difficulté de la pente, les courses comme le Tour de France et le Dauphiné Libéré, les cyclosportives." Certains cinglés réalisent le triptyque plusieurs fois au cours de leur vie, pour célébrer des moments importants. Ainsi, Florence Girard, a décidé de s'offrir son cadeau, pour ses 50 ans en 2003. "Pour les fleurs, c'était le Bouquet de Tavel, pour le gâteau, Paris-Brest-Paris et le cadeau...les cinglés du Mont Ventoux".

Le Ventoux, on y vient et on y revient , car chaque montée apporte son lot d'émotion. Par exemple, il n'y a rien de plus beau que de le grimper de nuit, et d'aller assister au lever du soleil, tout en haut. C'est une vision unique sur toute la vallée.
Pour ceux qui veulent encore plus, il existe un nouveau challenge, les Ventoux Masterseries, organisé depuis 2003. Le principe est simple, grimpé au moins 5 fois le Géant de Provence en 24h. En 2004, pour la deuxième édition, 19 concurrents ont décroché leurs diplômes. Le record de Jean-Pascal Roux a même été égalé par Dominique Briand, qui a aussi escaladé 10 fois le Ventoux dans la journée. La course à la performance est en marche, même s'il semble difficile de faire encore mieux. Battre ce record me paraît actuellement impossible, mais bon, sait-on jamais, avec le Ventoux, on peut s'attendre à tout!. Mais pour l'immense majorité, leur propre défi consiste déjà à réussir à le grimper au moins une seul fois. Foule silencieuse et anonyme qui se rend au Ventoux comme d'autres partent en pèlerinage. Certains, même, l'affronter dès janvier. Et comme on le précise à l'office du tourisme de Malaucène, même hors-saison, lorsque les touristes sont partis, il reste toujours les cyclistes.

Samedi 7 juin 2003 - La Ventoux Beaumes-de-Venise -
L'ascension du Mont Ventoux par toutes ses routes. (articles du Top Vélo août 2003)

On serait presque tenté de parler de la naissance d' une nouvelle cyclosportive tant cette Ventoux 2003 change l' esprit de l'épreuve. Initiée par Tristan Mouric, la cyclosportive avait été reprise par l'équipe de Sport Communication, gros changements...Le décor est toujours le Mont Ventoux mais le nouveau parcours plus long et plus dur offre un avant-goût de haute montagne. C'est surtout du coté des ascensions qu'il va falloir regarder. Les organisateurs annoncent 3500m de dénivelée et le passage sur les 3 accès au sommet ( la montée par Bédoin, la descende vers Malaucène et pour finir l'ascension Sault-Chalet Reynard ).

Dur, long et chaud: il va falloir gérer !
La température allait aussi engendrer un sérieux contraste par rapport à l' année passée où une pluie fine nous congela dans la descende du Géant de Provence. Le plein soleil éloignant tout risque de rhume, nous pouvions donc partir en toute sérénité. Passons le petit moment de panique qui envahit l'esprit des concurrents venus retirer leurs dossards. Une bonne demi-heure de queue était à prévoir afin d'obtenir la plaque de cadre et le bracelet électronique.

Un parcours superbe...
Départ prudent à l'exception d'un petit groupe qui, dés les premières pentes, tente l'échappée. A partir de Bédoin la longue file de cyclistes s'étire sur la route réputée la plus ardue pour vaincre le Géant de Provence. Dès le premier ravito, au Chalet-Reynard, ça se bouscule pour faire le plein d'eau. Nous entamons les 6 derniers km dans le paysage lunaire jusqu'au sommet. C'est une superbe descende, fraîchement regoudronnée, qui nous amène sur Malaucène. Les plus rapides passeront la barre des cent km/h. Dans la vallée du Toulouenc, des petits pelotons se constituent. Au ravitaillement du col de Veau, certains concurrents qui avaient choisi le grand parcours, se disent qu'il fait un peu chaud et que finalement bifurquer sur le petit, malgré les 10 minutes de pénalité, c'est bien tentant.

Une petite soif?
Après la Vallée du Toulourenc il est temps de filer vers Sault. 5 km de côte pour arriver à Aurel où les plus prudents sauront perdre quelques minutes pour remplir les bidons à la fontaine du village car aucun rav n'est prévu avant Chalet-Reynard. Les plus impatients paieront cash leur audace: la montée par Sault en plein midi et sans eau ne pardonne pas. Au point de bascule, c'est une autre belle descente vers Bédoin qui attend les concurrents. A Bédoin reste encore le col de la Madeleine pour rejoindre Malaucène. La fin est proche, l'ascension du col de Suzette n'est pas très longue mais après autant d'effort dans la canicule çà se complique un peu. A Suzette quelques km de descende, la fin est toute proche.

Il faut féliciter les 1400 courageux qui se sont lancés dans cette belle aventure, car il a fait très chaud le 7 juin et l'ascension par Bédoin est très difficile. Le col de Veau, la vallée du Toulourenc, la côte d'Aurel, l'ascension par Sault, le col de la Madeleine, le col de la Chaine, le col de Suzette sont les plus beaux moment de la journée.